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NOUVEL ALBUM – SORTIE LE 17 SEPTEMBRE 2021 (GAYA MUSIC PRODUCTIONS) 

CONCERTS :  

Duc des Lombards du 17 au 20 novembre 2021 

Awé marque la fin d'une trilogie pour Samy Thiébault. Caribbean  Stories en avait été le versant initiatique, creusant au saxophone  ténor les racines des musiques caribéennes tout comme les rêves  et les cicatrices de ceux qui les ont vivifiées. Entre inspiration  indienne et grande formation, Symphonic Tales optait pour un  autre écrin sans rien renier d'une spiritualité coltranienne sans cesse  enrichie. Awé ! synthétise, ou plutôt "créolise" ces deux aventures.  On y retrouve les Caraïbes, mais avec des accents plus modernes.  Dans le même mouvement, le saxophoniste prolonge une certaine  fougue orchestrale made in France en convoquant à nouveau  cordes et bois. Il réalise aussi un vieux rêve : embarquer avec lui son  ami, le pianiste Éric Legnini

Première étape, Miami, automne 2019. Bénéficiant d'une bourse de  la FACE Foundation valorisant les projets franco-américains, Samy  Thiébault débarque dans les studios de la Frost University grâce à  l'entremise de Brian Bacchus, le producteur de Norah Jones et Gregory Porter : "J'ai travaillé dans l'urgence dès que j'ai eu cette  bourse. Un mois et demi d'écriture pour 24 morceaux au départ, c'était un sacré challenge". Challenge redoublé par la qualité de  l'équipe réunie avec des cadors de la scène cubano-new yorkaise  : le batteur Dafnis Pietro, Manuel Valéra au piano ("Quand il joue,  on entend Herbie Hancock, on entend McCoy Tyner"), Yunior Tierry, dernier rejeton d'une grande famille de musiciens cubains, à  la contrebasse, ou encore le bassiste José Gola déjà repéré aux  côtés de Gonzalo Rubalcaba et Chucho Valdés. "Autant je n'ai pas  trop aimé Miami avec ses artifices et sa violence capitaliste, autant  ces musiciens regorgent d'une énergie peu commune et sans  concessions. Ils maîtrisent tout, du jazz le plus traditionnel au plus  expérimental, en passant bien sûr par toutes les subtilités des  musiques caribéennes. Jouer avec eux, c'était comme danser sur  un volcan".

Le trompettiste Brian Lynch, qui a rejoint la dernière mouture des  Jazz Messengers à la fin des années 80, s'avère le parfait point  d'appui dans cette aventure tant il partage avec le musicien  français la même passion pour les cultures des Caraïbes. Le  deuxième mouvement va s'effectuer dans les mythiques studios  Ferber à Paris. Après un travail poussé de pré-production  avec Sébastien Vidal à la réalisation et Éric Legnini en orfèvre des  claviers additionnels et autres choeurs numériques, la jonction s'opère avec la bassoniste Cécile Hardouin qui monte deux  équipes : un orchestre de chambre (tuba, cor, basson, hautbois,  clarinette, flûte) et un quintet à cordes (contrebasse, violoncelle,  alto, violons). Douze titres sont choisis à partir des sessions de Miami  qui se répartissaient entre jazz acoustique et jazz électrique.   

 

Dans cette nouvelle géométrie orchestrale, ne reste plus  qu'à alterner les tonalités : Baila et sa forme faussement  modeste de mini-bossa, Bailando qui en est le pendant  acoustique avec en point d'orgue un solo de Manuel  Valéra gorgé de profondeur et d'inventivité, ou  encore Awé, le titre éponyme de l'album, souvenir d'une  joyeuse ligne de basse de Felipe Cabrera sur Caribbean  Stories : "Il lâchait déjà ce fameux 'Awé !' à la fin du  morceau, se souvient Samy Thiébault, c'est une  interjection cubaine typique. Cela m'évoque une  manière de se tourner vers l'avenir en restant ancré dans  la joie. Lors d’une tournée en Russie, Sébastien s’amusait  avec le groupe autour de ce groove, en marchant dans Moscou". Avec Le Chant du très proche qui réunit pour  le coup l'orchestre de chambre et le quintet à  cordes, Samy Thiébault reprend l'un de ses joyaux de son  album de 2016, Rebirth, mais dans une version plus  enlevée et, là encore, plus orchestrale. Même densité  avec The Sooner the Better, composition espiègle en  contretemps signée Dafnis Prieto

Ambiance plus afro avec Jahan's Song où s'incrustent  des effets à la Miles Davis façon seventies, tout comme  est convoquée la mémoire du Steve  Grossman électrique de la même période dans des  morceaux aussi punchy que Fire et Wild. La présence  d'un bandonéon et la partie trompette si juste et si  inspirée de Brian Lynch donnent à Lagrimas des accents  poignants quand Naranja Y Lemones met surtout le  spirituel en avant. Ces deux morceaux trouvent aussi leur  source dans les impromptus musicaux de Soy Cuba, un  vieux film soviéto-cubain de Mikhaïl  Kalatozov. Avec Blue Carnival et ses effluves de samba,  c'est le Brésil qui s'invite dans l'album. C'est d'ailleurs lors  d'une tournée au Brésil que Samy Thiébault a également  conçu Alma Del Sur comme un chant dont il a été  jusqu'à écrire des paroles en espagnol. Le timbre mature  et sensuel de la vocaliste cubaine Yaité Ramos  Rodriguez (repérée dans le projet "La Dame Blanche")  rend plus prégnante encore l'atmosphère de réalisme  fantastique de ce morceau où il est beaucoup question  d'utopie et des rêves que rien - pas même l'amertume  de l'échec - ne peut éteindre. 

Au terme de ce périple et d'une quête de soi qui passe  d'abord par les rencontres, le saxophoniste est amené à  faire plusieurs constats, à commencer par la manière  dont évolue son propre jeu. Si Caribbean  Stories marquait une sorte de catharsis en la matière  ("Ça a cassé les codes du jazz que j'avais intégrés depuis  25 ans", disait-il à l'époque...), Awé ! prolonge une  pratique qui privilégie de plus en plus le lyrisme sur la  technicité. Même cheminement en somme  que Coltrane, la référence suprême, finissant par se  dépouiller de certains bagages pour atteindre  l'évidence du souffle. 

Autre alchimie à l'œuvre, celle d'un "village-monde"  propice à un nouveau processus créateur. Bien plus  qu'un simple métissage, Awé ! renvoie encore une fois à  cette fameuse "créolisation" chère à Édouard Glissant et  qui répond, selon le philosophe, au "chaos-monde"  auquel il faut substituer "des pensées incertaines de leur  puissance, des pensées du tremblement". 

"Le jazz est un inattendu créolisé", poursuivait Glissant,  non pas un melting-pot mais une transformation où  l'entremêlement des racines et des expériences crée  de l'inédit. Même état d'esprit chez Samy  Thiébault: "J'ai pris des éléments divers -musiques  caribéennes, jazz moderne, classique, pour tenter un  langage nouveau faisant écho à mon aspiration au  vivre-ensemble face au système qui nous  gouverne". Comment ne pas aussi "créoliser" le  monde d'avant et le monde d'après à l'écoute de  cet album ? Le monde d'avant où l'on pouvait  voyager sans masque, le monde d'après où un avenir  à visage humain, jazzé par un troubadour sans  frontières, retrouverait à nouveau toute sa force de  mobilisation.  

Et si Awé ! était aussi synonyme d'espérance ?

LINE UP 

Samy Thiébault: saxophone ténor

Brian Lynch: trompette 

Eric Legnini: fender rhodes 

Manuel Valera: piano 

José Gola: basse 

Yunior Terry: contrebasse 

Dafnis Prieto: batterie 

Anne-Cécile Cuniot: flûte 

Hélène Gueuret: hautbois 

Camille Lebrequier: cor 

Cécile Hardouin: basson 

Bastien Stil: tuba 

César Poirier: clarinette 

Clara Abou: violon 

Anaïs Perrin: violon 

Benachir Boukhatem: alto 

Sophie Chauvenet: violoncelle 

Odile Simon: contrebasse 

Mathieu Gautron: bandoneon Yaité 

Ramos Rodriguez: voix

TRACKLISTING : 

01 BAILA 

02 BAILANDO 

03 AWÉ 

04 CHANT DU TRÈS PROCHE 

05 THE SOONER THE BETTER 

06 WILD SONG 

07 LAGRIMAS 

08 BLUE CARNIVAL 

09 JAHAN’S SONG 

10 NARANJAS Y LIMONES 

11 FIRE 

12 ALMA DEL SUR 

13 WILD