FESTIVAL JAZZ BRETAGNE

PIERRICK PEDRON QUARTET invite ERIC LE LANN . Jeudi 19 juillet

PIERRICK PEDRON Quartet invite ERIC LE LANN  . JEUDI 19 JUILLET 

         "JE SUIS AUX ANGES,  "

       Pierrick Pedron  nous dit être aux anges, mais il n’en laisse rien paraitre.

       Le visage est tendu, tout en angles, le regard sévère, on a parfois l’impression qu’il toise son public. Tant d’austérité, tant de rigueur pour nous jouer " MUM’S EYES ". 

       Nulle lamentation apparente dans ce thème dédié aux yeux d’une mère qui laisse son musicien de fils orphelin. La musique est un langage nous dit on souvent, oui mais , il nous faut bien quelques signes de ponctuation pour comprendre. On pourrait y percevoir comme un long  "pourquoi ?" dans ce "MUM’S EYES ", des notes suspendues, ni tristes, ni gaies qui disent quelque chose de secret . Au piano Carl- Henri Morisset ne nous en dit pas plus, il joue le jeu d’accompagner sobrement cet hommage dépouillé, composé par Pierrick Pedron . 

      Mais revenons aux anges . "Aux anges", parce que heureux de côtoyer des musiciens de jazz bretons, heureux de jouer sur la terre de Bretagne, là où mum’s eyes se sont il n’y a pas si longtemps fermés . Il l’avoue " la Bretagne m’inspire, parce que de toutes façons elle me manque tout le temps ". 

     Toutes les compositions sont de Pierrick Pedron: " VAL ANDRE", "MISTER MILLER", "A BROKEN REED ", " TROLLS ", du dernier album " UNKNOWN". Les jeunes derrière semblent suivre un master XXX  Etienne Renard sue corps et âme mais bon dieu comme il est bon à voir et à entendre dans son désir de sortir plein de Traou mad * de sa contrebasse . Elie-Martin Cherrière à la batterie se la joue cool, sur l’air, non non je ne me laisserai pas enfermer dans un chorus attendu à la porte du garage . 

      Ce qui nous plait dans ce PIERRICK PEDRON Quartet c’est que les articulations entre les musiciens sont finaudes, cela ne se termine pas quand et comme on pense. Ils se jouent des applaudissements d’un public qui veut être aussi de la partie comme toujours. Non, les passes entre les musiciens sont élégantes et surprenantes comme dans une montée en première ligne de rugbymen . 

      Et puis vint le régional de l’étape résidant dans le petit port de Kerdruc tout proche de Rospico . Car en Jazz "on invite", le " bristol " annonçait Pierrick Piedron Quartet invite Eric le Lann. Régional c’est pour le jeu de mot, car Eric Le Lann était déjà qualifié de meilleur trompettiste français par un grand connaisseur de musique de jazz, Vladimir Cosma, embarqué dans un projet périlleux avec Chet Baker il y a quelques décennies .

     Et ce fut un bonheur, Eric le Lann un trompettiste un peu cabossé, avec un humérus fraîchement rétabli, Pierrick Piedron un saxophoniste  épanoui, nous ont amenés là où on aime être, au sommet d’un duo de deux grands du jazz français, sur des compositions d’Eric le Lann  "AYAM ", " TODAY", " C’EST LA NUIT LOLA ".  

     La chance, nous dit Pierrick Pedron quand on est breton, c’est qu’on rencontre de sacrées personnalités, quand en plus ils nous jouent un bon jazz, wouuuaah ! bap bap bip boop. 

 

 

*Traou mad : bonnes choses ( en breton )

 

RAY LEMA QUINTET Lundi 16 juillet 2018

Ray lema jazz y krampouezh 2018

RAY LEMA Quintet . Lundi 16 juillet .  "NOUS ALLONS JOUER POUR TOI", 

"J’espère que là où tu es, tu entends cela ". C’est au présent que Ray Lema s’adresse à Didier Lockwood grand absent de ce 8 ème festival Jazz’y Krampouezh . 

"AMI" est le premier titre de ce concert qu’il lui dédie, un titre en hommage à  Aminata  Traore ."AMI ", dans ce contexte prend tout son sens, celui de l’amitié, de l’estime d’un grand pianiste pour un grand violoniste . 

  Les mains de Ray Lema quittent le clavier, il écoute ses musiciens applaudit doucement, et sourit,  sourit au public, sourit à la musique . 

  Ray Lema nous est revenu quatre ans après avec sa fine équipe, Irving Acao ( saxophone ) Sylvain Gontard ( trompette ), Nicolas Viccaro ( batterie ) et le nouveau venu, l’excellent bassiste Michel Alibo . Ils nous joueront des thèmes bien connus du public : "Anikulapo" , "Matongue" mais aussi  Headbug ou Nâab superbe ballade de son dernier album . 

   C’est un concert d’une folle gaité, spontanéité, humour, harmonie entre saxophoniste et trompettiste complices . Le plaisir de jouer ensemble est manifeste rien ne peut les arrêter, et quand cela s’arrête Ray Lema demande une pause 

" il faut me permettre de boire un peu parce qu’avec cette équipe de tueurs …."

  Une équipe de tueurs qui a mis tout le monde K O de bonheur. Le public en redemande, mais il faut s’arrêter : "Nous voici à la fin du voyage, quand on va quelque part il faut bien s’arrêter non ? " nous dit Ray Lema malicieux , il concède un bis le "der des der". Les musiciens sont hilares la salle debout, Ray Lema peut enfin souffler, étreint Irving Acao et la bande nous quitte, mission accomplie Didier, ils ont joué pour toi, le temps s’est aboli, le public en témoigne : "ils nous ont rendus très heureux, détachés du temps."…